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Halil Ibrahim Dinçdag, 33 ans, s'est vu refuser, en mai, le droit
d'exercer dans les divisions supérieures du championnat turc.
Peut-on être homosexuel et arbitrer un match de
football professionnel en Turquie ? La fédération nationale de football a
estimé que non. Halil Ibrahim Dinçdag,
33 ans et originaire de la région de Trabzon, sur la mer Noire, s'est vu
refuser, en mai, le droit d'exercer dans les divisions supérieures du
championnat turc. Le motif : il avait été exempté de service militaire pour
raisons sanitaires après avoir admis son homosexualité. Ce coming out forcé a
propulsé ce jeune homme discret sur le devant de la scène. Malgré lui,
l'arbitre exclu des terrains est devenu le symbole d'une lutte contre les
discriminations dont les homosexuels sont souvent victimes. Courageusement, il
a décidé d'aller s'expliquer sur le plateau d'une émission télévisée, exhortant
ses collègues arbitres à protester contre cette mesure, ce qui lui a valu le
retrait de sa licence. "Cela a toujours été difficile pour moi,
témoigne-t-il. Mais maintenant, une période compliquée s'ouvre pour ma
famille."
Ses proches, dont son frère, imam, le soutiennent dans son combat. Mais
Trabzon, ville conservatrice, devenait trop pesante. Halil a préféré s'exiler à
Istanbul où, dans certains quartiers, associations et bars gays s'affichent
plus librement.
Aucune loi n'interdit ou ne criminalise l'homosexualité en Turquie. En 2008,
un tribunal avait tenté de dissoudre l'association Lambda Istanbul
sous prétexte qu'elle attentait à la morale. La condamnation avait été annulée en appel.
Plusieurs vedettes de la télévision ou de la variété ont déjà, par le passé,
publiquement affiché leur préférence sexuelle sans provoquer de scandales.
Mais ce qui est toléré pour un artiste ne l'est pas nécessairement dans
le milieu, machiste, du football, qui plus est pour un arbitre. "Je suis
sûr qu'il aurait favorisé les joueurs forts et musclés", a commenté l'un
des responsables de la fédération pour justifier la mise au ban de Halil Ibrahim
Dinçdag. "L'homophobie est un problème que n'a toujours pas abordé la
Turquie", regrette Ali
Erol, fondateur de l'association Kaos GL.
Ce coming out forcé a propulsé ce jeune homme discret
sur le devant de la scène. Malgré lui, l'arbitre exclu des terrains est
devenu le symbole d'une lutte contre les discriminations dont les
homosexuels sont souvent victimes. Courageusement, il a décidé d'aller
s'expliquer sur le plateau d'une émission télévisée, exhortant ses
collègues arbitres à protester contre cette mesure, ce qui lui a valu
le retrait de sa licence. "Cela a toujours été difficile pour moi,
témoigne-t-il. Mais maintenant, une période compliquée s'ouvre pour ma
famille."
Ses proches, dont son frère, imam, le soutiennent dans
son combat. Mais Trabzon, ville conservatrice, devenait trop pesante.
Halil a préféré s'exiler à Istanbul où, dans certains quartiers,
associations et bars gays s'affichent plus librement.
Aucune loi n'interdit ou ne
criminalise l'homosexualité en Turquie. En 2008, un tribunal
avait tenté de dissoudre l'association Lambda Istanbul
sous prétexte qu'elle attentait à la morale. La condamnation avait été
annulée en appel. Plusieurs vedettes de la télévision ou de la variété
ont déjà, par le passé, publiquement affiché leur préférence sexuelle
sans provoquer de scandales.
Mais ce qui est toléré pour un
artiste ne l'est pas nécessairement dans le milieu, machiste, du
football, qui plus est pour un arbitre. "Je suis sûr qu'il aurait
favorisé les joueurs forts et musclés", a commenté l'un des
responsables de la fédération pour justifier la mise au ban de Halil Ibrahim Dinçdag. "L'homophobie est un problème que n'a toujours pas abordé la Turquie", regrette Ali Erol, fondateur de l'association Kaos GL.
(source lemonde.fr)
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